Ha ha ha. C’est hilarant. Ils sont tous là, à me regarder comme une bête de foire sans avoir aucune idée de ce qui se passe. Vermor, reste ici. Vermor, avance. Vermor, ci. Vermor, ça. Bhoua ah ah. Allez reprends toi. J’ai juste à attendre tranquillement, le travail le plus simple du monde. Je m’ennuie quand même, mais j’ai tellement hâte de voir leur tête quand ils vont comprendre. Un des meilleurs moments de ma vie c’est certain ! Ha ha !
« L’accusé du nom de Vermor, comparait aujourd’hui pour différents crimes. »
« Vol de tesselle ! »
« Utilisation de tesselles à des fins malveillantes ! »
« Violences en bande organisée ! »
« Tentative de renversement de l’Association ! »
Eh bien, seulement ça ? Chef, vous auriez pu y aller un peu plus fort quand même. Enfin bon, la prochaine accusation ne devrait pas tarder.
« Pour avoir perpétré tous ces crimes, l’accusé subira le Supplice. Faites entrer le porteur ! »
Oh oui, allez-y, faites donc entrer le porteur d’un fragment de Supplice. Tous les morceaux de Supplice sont conservés dans les locaux de la branche principale, je me demande bien comment ils en font acheminer un ici. Ha ha ha, quelle scène inoubliable.
Une porte, dans le fond de la salle qui voyait s’opposer dix membres de l’Association au criminel tant recherché, s’ouvrit lentement. Un homme, doté d’un long manteau gris avec une ceinture, et d’un chapeau beige foncé entra, en scrutant les personnes présentes dans la salle.
« Ha ha ha ha ha ! C’est hilarant »
L’accusé n’avait plus ces vêtements caractéristiques, mais son visage, ses cheveux, sa forme de corps, tout était parfaitement identique à l’homme qui venait d’entrer dans la salle. Ils se ressemblaient traits pour traits. Ils échangèrent un bref regard.
Je crois que c’est l’heure de courir. Aha, profitez en bien, Chef ! Laissez-moi juste une petite seconde. Je veux me délecter de cette terreur dans leurs yeux. Magnifique ! Ah, quel plaisir.
« Merci pour l’accueil, Mesdames et Messieurs. Ce fut un plaisir mais il est temps pour moi de rentrer. »
L’accusé fit une révérence et se rua vers la porte d’entrée, à l’opposé du prétendu porteur. Les membres de l’Association le regardèrent, complètement perdus, leurs pensées s’entrechoquant pour essayer d’assembler le terrible puzzle qui se formait devant leurs yeux.
« Bonjour à tous, c’est le porteur. », dit Vermor, un grand sourire aux lèvres.
Il empoigna la tesselle de la Mozaik 25-03, dite Supplice, ferma les yeux et la lança au milieu de la salle. Tous les regards se braquèrent sur elle. Ils la suivirent, volant en arc de cercle jusqu’à atterrir sur le sol en un léger claquement. C’était déjà trop tard, et ils le savaient tous. Si vous posez vos yeux sur cette tesselle activée, alors vous êtes déjà pris au piège.
L’homme le plus près de la porte fut le premier à réagir. Il hurla, s’agrippa le cou et se mit à hyperventiler. A travers ses yeux, son amie de longue date, assise à coté de lui, est devenue la manifestation même de l’horreur. Ses cheveux se sont hérissés, décuplant en taille. Ses yeux sont tombés, et des dents lui ont poussé sur le visage. Un troisième bras est sorti de sa poitrine et sa langue s’est transformée en un nouvel œil. Elle semblait ne vouloir qu’une chose, le dévorer. La peur fut si grande qu’il mourut sur le coup. Son amie, elle, vit le crâne de cet homme rouler par terre et exploser, projetant des matières organiques acides sur toutes les personnes présentes. Chacun des membres avait sa propre vision de l’horreur, ne pouvant s’en départir.
Vermor ouvrit les yeux, récupéra la tesselle au sol en ricanant et tourna les talons.