Manifestants

Pour la deuxième fois cette semaine, environ 50 personnes sont rassemblées sur la place principale de la ville, autour de la fontaine. La première fois avait été assez calme. Ils avaient distribué des tracts, essayaient d’attirer les gens de façon appuyée, mais tout en restant corrects. Le fait que ce premier rassemblement n’ait, apparemment, eu aucun effet les a enflammés.

« L’Association détient trop de pouvoir, elle doit être régulée ! »
« Leurs membres doivent payer ! »
« Les Mozaik sont un fléau, le mal absolu ! »
« Elles vont détruire le monde ! »

Ils semblent tous hystériques, presque possédés. Les regroupements de ce genre sont assez rares, mais tendent à prendre de l’ampleur récemment. La ville n’en a été informée que fin de semaine dernière, mais le récent vol de fragment, au sein même des locaux de l’Association, a jeté la peur dans toute la région. Tous les enfants des plaines de Rubal apprennent a l’école que la zone était complètement carbonisée il y a de nombreuses années. Savoir qu’un fragment de la source de ce désastre se balade désormais dans la nature ne peut qu’effrayer la population.
Et le fait que l’Association n’ait donné que peu d’information concernant la tesselle, qu’elle ait notamment tu son emplacement exact au sein de la Mozaik, ne fait qu’alimenter les théories catastrophes.

« Arrêtez, lâchez moi ! Bande de fous ! »
« Madame, vous devez ouvrir les yeux ! Une nouvelle catastrophe va arriver, nous allons tous mourir ! Le peuple doit se soulever et prendre le contrôle de l’Association ! « 
« L’Association nous protège depuis toujours ! C’est à cause de tarés comme vous que ces dingueries ont lieu ! »

Heureusement, d’autres personnes sont intervenues avant que cette pauvre dame ne s’en prenne à cet homme virulent.

Une autre bagarre vient d’être évitée. Un manifestant a été poussé dans la fontaine, un jet d’eau tombe sur sa tête, il regarde dans le vide l’air hagard.
La tension est à son comble, des disputes éclatent de part et d’autre de la fontaine. Son eau semble se ternir, le flux ralentir.
Mais, le regard vide, il le vit. Un homme, avec un manteau noir, tenant un objet entre ses doigts. Au milieu de la foule, il le regardait.

Que faisait-il là, déjà ? Avait-il glissé dans la fontaine ? Il n’y avait pas autant de gens sur la place habituellement. Et tous ces papiers partout. Vite il faut nettoyer. Rubal est une belle ville et a toujours été propre. Tout le monde semblait du même avis, et se mis à remettre la place en ordre. Au bout de 10 minutes, la vie avait repris son cours, sans aucune trace.